16 avril 2010

la suite des aventures

Après un mois entier passé à 98% à l´horizontale, ce n´est pas l´envie de pédaler qui manque.
Malgré tout, les 6000 km restants et la douzaine d´averses journalière m´ont quelque peu dissuadé de me remettre en selle dès mon arrivée à Bahia. Grand bien m´en a pris car c´est sans même vraiment chercher que j´ai trouvé deux bateaux qui descendent sur Rio de Janeiro la semaine prochaine et qui veulent bien me prendre. Reste à choisir. Elle est pas belle la vie!
Je vais donc partir très probablement en milieu de semaine prochaine (si la météo se confirme bien sûr) pour Rio (800M au Sud de Bahia) avec un autre couple et deux enfants (des amis du bateau avec lequel j´ai traversé) sur un sloop de 50 pieds auto-construit en alu. Leur destination final (pour l´été austral prochain): l´Antartique! De cette manière, il me restera moins de 3000 km à parcourir pour rejoindre la capitale Argentine et ce ne sera pas tout à fait encore le fin fond de l´hiver (croisons les doigts). Gageons qu´en arrivant à Rio début mai je pourrai traverser el Rio de la Plata et poser les sacoches dans Barracas au mois de juin et conclure cet aller simple en moins d´un an.

C´est l´occasion d´avancer une équivalence audacieuse mais pour l´instant vérifiée à chaque étape de mon voyage:
 1h d´avion = 1 mois de voyage non motorisé
La preuve:
1,5 mois pour atteindre Lisbonne
3 mois pour atteindre Rabat
6 mois pour atteindre Dakar
10 mois pour atteindre Bahia
12 mois pour atteindre Buenos Aires
Je crois qu´à un chouilla près tout ça correspond bien. Inutile d´essayer une comparaison financière puisque 90% des frais en vélo et en voilier sont constitués de nourriture et l´appétit, contrairement aux tarifs des compagnies aériennes, n´est pas dégressif  (peut-on le qualifier de "gressif"?). Reste à trouver un nom à ce théorème, je laisse libre cours à vos imaginations dans les commentaires.

11 avril 2010

je suis arrivé de l´autre coté!

 Avant de revenir sur la traversée, commençons par la présentation de l´équipage.


 Bernard, le capitaine


 Virginie


 le moussaillon Swann


 le mousaillon Robin


 l´équipier Fabrice


 le pavillon


 et les quatres voiles de l´avant (manque la grand voile donc)


Nous avons jeté l´ancre dans la baie de Salvador dimanche et avons accosté au ponton de la marina un peu plus tard. Nous pouvons déclarer cette traversée terminée!  Pour résumer l´affaire en chiffre nous avons fait:
-6j de navigation de Dakar au Cap Vert (530M)
-15j de navigation du Cap Vert à l´île de Fernando de Noronha (1150M)
-8j de navigation de Fernando de Noronha à Salvador de Bahia (700M)
Donc au total nous avons passé 29j en mer et parcouru 2380M (4280km). Ouf...
Le vent a été plus faible que prévu entre le Cap Vert et l´équateur, ce qui fait que nous avons mis plus de temps que prévu (mais au moins pas de mal de mer!). Le fameux pot-au-noir a bien tenu ses promesses, pétole, grain, pétole, grain, pétole, orage, pétole (l´absence de vent, la latitude et l´humidité rendent les journées outrageusement suantes) ... Le matériel a souffert en rapport avec l´ampleur de la traversée mais rien de grave puisqu´on a pu tout réparer rapidemment (à part un safran endommagé quelques heures avant l´arrivée dans un orage un peu sérieux).


Avant de rajouter quelques anecdotes sur la traversée, une petite série de photos du paysage acteur principal de la traversée: le ciel, les nuages et le soleil. Les couleurs et les contrastes sont assez étonnant mais il n´y a pas eu de retouche, promis!

coucher de soleil 1


coucher de soleil 2



coucher de soleil 2b



coucher de soleil 3


et pour changer, lever de soleil

La pêche a été ... mitigé. Une semaine sans le moindre poisson puis cinq beaux poissons en quatre jours (pour le plus grand bonheur des enfants!). Cela nous a quand même permis de tester toutes les possibilités de préparation (papillotte, pané, grillé, cru...), de ménager les réserves de bord et d´apporter un peu de divertissement. Malgré tout 29j sur un bateau, il faut les meubler! Le vent ne change de direction que très rarement, il y a peu de manoeuvres à faire (deux points par jour seulement). Heureusement qu´il y avait une petite bibliothèque à bord et des enfants à occuper à grands renforts de parties de cartes et de jeux de société.



un poisson volant petit modèle, ils se sont souvent invités sur le pont et même une fois dans la descente!


Une bonite qui nage à côté du bateau juste pour le fun. Malheureusement pour elle, une de ses copines sa finit dans notre marmite peu après.


une dorade coriphène, succulent


le barracuda qui a mordu 30 seconde après que la ligne est à l´eau


sale quart d´heure pour les poissons


 La température (de l´air et de l´eau) n´a fait que monter jusqu´à l´équateur. Nous nous sommes baigné en plein milieu de l´Atlantique par 5000m de fond dans une eau à 32°C! L´escale à Fernando de Noronha nous a permis de refaire un petit avitaillement et de nager avec des tortues de 1m de diamètre et même quelques requins! A mon plus grand étonnement nous avons vu des oiseaux tout le long du trajet (tous les jours quasiment), même en plein milieu!


Un maigre échantillon de la bonne centaine de dauphins qui nous a escortée à l´arrivée à Fernando de Noronha. Je pensais que les dauphins qui saute dans tous les sens à 3m au dessus de l´eau ça n´était que dans les parcs, ceux là nous ont démontré le contraire!


le cailloux caractéristique de l´île de Fernando de Noronha


en quittant l´île au couchant


Je pensais que l´arrivée serait un moment assez intense, un soulagement après tant de temps en mer et puis finalement ça ma paru seulement ... normal (puisque c´était prévu qu´on arrive ce jour là, on voyait la terre approcher sur le carte). L´expérience reste malgré tout unique et je suis bien content de l´avoir fait (et surtout de l´avoir fait avec des gens super avec qui ça s´est très bien passé).


pour symboliser les nombreuses heures passées à comater sur le pont...


no foto!


pour évoquer les nombreux assault subis par les équipiers de la part des deux morv... moussaillons


La veille de l´arrivée. Jack Sparow serait-il à bord?


Une petite langouste apportée par un pêcheur directement au bateau à l´arrivée histoire de compenser les repas monotone de la traversée.


 Pas la peine de parler de la suite pour l´instant puisque je n´ai pas la moindre idée de quoi elle sera faite.